Arrêt de fumer avant une intervention chirurgicale

Pourquoi arrêter de fumer avant une intervention chirurgicale ?

(Mis à jour le: 24 septembre 2019)

Lors de consultations précédant une intervention chirurgicale, les professionnels de la santé vous passent une liste d’interdits. Dans celle-ci, on retrouve la cigarette. Pour les fumeurs, cet arrêt du tabac reste incompris, mais par peur pour leur santé, beaucoup d’entre eux saisit cette chance pour arrêter définitivement de fumer. Quels sont les risques auxquels sont réellement exposés ces fumeurs ?

Les complications respiratoires péri opératoires liées au tabagisme

Une intervention chirurgicale réalisée sous anesthésie générale présente des risques tant bien chez le fumeur que chez le non-fumeur. Cependant, celui qui prend du tabac y est plus exposé. Parmi les aléas, on peut citer les complications pulmonaires périopératoires. Le tabagisme cause une altération du processus pulmonaire, des échanges gazeux et des défenses immunitaires.

La survenue de ces aggravations varie entre 10 à 55% chez le fumeur et seulement entre 5 et 25% chez le non-fumeur. Elles peuvent se produire sous forme d’encombrement bronchique ou d’infections, ce qui est tout de même des accidents mineurs. Cependant, dans certains cas, on peut assister à des complications plus importantes comme une pneumopathie ou une détresse respiratoire aigüe.

Les complications liées au tabagisme

La cigarette à l’origine des complications cardiovasculaires péri-opératoires

Dans l’organisme des fumeurs, la fraction de monoxyde de carbone et de carboxyhémoglobine est élevée. Leur capacité de transport de l’oxygène par le sang vers le myocarde est alors limitée. Lors d’une intervention, ceci augmente le risque d’ischémie myocardique. Dans certains cas, la personne peut être plus exposée à des épisodes de sous-décalage du segment ST, ce qui pourrait conduire à l’infarctus du myocarde postérieur. Pour cette opération, s’il faut faire une intubation trachéale, ce geste technique médical peut augmenter notablement la fréquence cardiaque chez le fumeur. Après l’intervention, le risque thromboembolique est aussi plus accentué avec le tabagisme.

Le tabagisme et l’intervention chirurgicale : plus de risques d’infections

L’explication la plus donnée lorsqu’on se renseigne sur cette interdiction de tabac pendant la période précédant l’intervention chirurgicale est l’altération de la cicatrisation des tissus. Cette dernière sera encore plus compliquée en cas de greffe de peau ou de transfert de lambeaux musculaires. La plaie chirurgicale d’un fumeur a plus de chances de s’infecter. Le tabagisme peut aussi causer des complications infectieuses comme l’infection sternale superficielle ou la médiastinite. Pour une chirurgie mammaire, le risque de complications infectieuses après l’opération est trois fois plus important chez une fumeuse que chez une non-fumeuse.

Ces risques d’infections s’expliquent par les effets de la nicotine et du monoxyde de carbone. La nicotine cause une vasoconstriction des tissus et elle limite l’affluence d’oxygène. Elle est aussi responsable de la non-production optimale du collagène, ce qui va avoir un impact sur la qualité de la cicatrisation. Le monoxyde de carbone, elle, est responsable de la diminution de l’oxygénation des tissus ainsi que de la mauvaise microcirculation sanguine.

Le tabagisme

Une augmentation de la douleur et de l’inflammation s’expliquant par le tabagisme

Lorsque vous exposez au médecin que votre cas par rapport au tabagisme, il peut prendre la décision avec l’anesthésique d’augmenter la dose de produits anesthésiques. Le tabac accélère leur métabolisation par le foie, donc pour que l’intervention se déroule sans encombre, on peut légèrement élever cette quantité. Après l’opération, notamment lorsque l’anesthésie n’a plus aucun effet, le tabagisme accentue les niveaux de douleur et de l’inflammation.

Arrêter plusieurs semaines avant l’intervention

Si votre médecin vous parle d’une prochaine intervention chirurgicale, vous ne devez pas lui cacher que vous fumer. Au cas où il ne pose pas la question, parlez-lui. L’anesthésiste et le chirurgien devront aussi le savoir. Même si lors de la consultation, on ne vous donne pas encore la date exacte de l’opération, ces professionnels de la santé vous recommanderont sûrement déjà d’arrêter de fumer. L’idéal est d’oublier la cigarette entre six et huit semaines avant l’opération. Cette période vous expose moins aux complications opératoires liées au tabac.

Cependant, s’il s’agit d’une intervention chirurgicale d’urgence, ne vous dites pas qu’un arrêt de 48 ou de 12 heures ne servira à rien. Détrompez-vous, il vous sera tout de même bénéfique, car ceci est nécessaire pour baisser le monoxyde de carbone circulant et pour offrir une meilleure oxygénation. Ceci augmenterait tout de même le risque de toux et d’expectorations.

Arrêt de fumer avant une intervention chirurgicale

Vous fumez, votre enfant va être opéré ?

Si votre enfant doit passer au bloc opératoire, le tabagisme passif qu’il subit au quotidien représente un facteur d’aggravation du risque opératoire. Pour son bien, pensez à arrêter définitivement de fumer. Si ceci vous semble difficile, évitez de prendre une cigarette en sa présence. Il faut également attendre au moins deux heures avant de le laisser avoir accès à la pièce où vous avez fumé.

Ne pas fumer après l’opération

Si vous n’avez rencontré aucune complication pendant l’opération, ceci ne dit pas que vous devez reprendre la cigarette. L’interdiction de tabac doit se poursuivre après l’opération. Normalement, vous ne devez pas fumer jusqu’à la fin de la cicatrisation de la peau, ce qui prendra environ trois semaines ou éventuellement jusqu’à la fin de la consolidation osseuse, ce qui fait environ trois mois après l’opération.

Cette interdiction de fumer s’étalant avant et après l’opération est une occasion pour vous d’envisager d’arrêter définitivement avec la cigarette. Ce ne sera pas facile, mais le fait que ceci est pour votre santé, vous serez plus motivé. Comme la plupart des interventions chirurgicales sont planifiées à l’avance, vous pouvez vous préparer et vous faire accompagner et vous faire soutenir par des professionnels.

 

 

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