E cigarette a bas les aromes et la publicite

E-cigarettes : composants moins nocifs que l’eau de javel

(Mis à jour le: 30 décembre 2018)

L’heure de l’époque douce de la cigarette électronique est révolue. Il manquerait de peu que l’e-cigarette ne se voit pas d’ici peu attribuer une norme spécifique de l’Association Française de normalisation (AFNOR). A la fin d’une réunion le 1er avril entre les intervenants (consommateurs, porte-parole des fabricants, distributeurs d’e-cigarettes et laboratoires d’essais), une « démarche normative de la cigarette électronique » a été lancée, ce qui n’est pas trop tôt.

En septembre 2013, l’Institut national de la Consommation ou INC a saisi l’AFNOR, après une démarche à travers les médias qui pourrait faire l’objet de critiques par les consommateurs. Cette démarche laisse pourtant subsister des interrogations, de par l’origine et la méthode adoptée. On se rappelle d’ailleurs de ce qu’a déclaré un site côtoyant les buralistes, à propos de la constitution d’un « front uni pour faire aboutir une démarche de transparence et de qualité » en décembre dernier.

Il était temps

On a su par le Monde et via le site « Lemondedutabac.com » qu’une commission de l’AFNOR étudiera « trois axes », à savoir le matériel électroportatif pour vaporisation, les e-liquides et les modes d’analyses spécifiques de la vapeur dégagée par les e-liquides. Selon Grégory Berthou, rapporteur du comité stratégique sur les biens de consommation à l’Afnor, il est question de définir en commun les bases d’une distinction des bons produits de ceux dont le niveau de sécurité n’était pas conforme à ce que stipule le code de la consommation et les législations sur les substances nocives. Mais pourquoi n’agit-on que maintenant, alors que les produits de consommation ont beaucoup évolué depuis.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette affaire tombe à pic. Dans le New York Times, on a pu lire le 24 mars dernier des articles sur le côté sombre des e-liquides, qui serait même des poisons mortels. Dans ces articles, il a été révélé 365 cas aggravés d’empoisonnement en 2013. Le Monde indique que les fabricants de tabac y sont pour quelque chose. Serait-ce donc Big Tobacco ?

Cette piste n’est pas à écarter. En effet, ces fabricants sont experts en empoisonnement à grande échelle.

Constats sur les e-liquides : qu’en est-il en réalité ?

Les chiffres annoncés par le New York Times sont alarmants. Reste à savoir ce qu’il en est de leur véracité. Philippe Presles, médecin tabacologue,  a apporté des compléments d’information à ce sujet. En effet, si le New York Times rapporte aux USA des chiffres élevés en termes  d’intoxication par les e-liquides, on relève plutôt 1351 intoxications par accident dans les centres antipoison et on n’a compté aucun décès y afférent.

Par ailleurs, sur les dits 365 hospitalisations, il s’agissait surtout de demandes par précaution, comme ce serait le cas en France quand il s’agit de produit encore nouveau et dont on ne sait pas encore grand-chose.

Moyens pour discréditer la cigarette électronique

Philippe Presles précise que dans ces centres antipoison, on a relevé plus de 2.3 millions de cas d’intoxication en 2011. Pour 33 % de ces cas (715000 patients), les médicaments étaient en cause. Il ajoute que les médicaments ne disposaient pas de dispositif de fermeture de sécurité, contrairement au récipient de l’e-liquide. Il conclut alors en indiquant que la prudence est de mise avec les e-liquides et qu’il faut tout de même relativiser.

Néanmoins, il est nécessaire de vérifier les informations véhiculées, car il se pourrait que ce soient des moyens de nuire à la réputation des cigarettes électroniques, au profit du tabac classique.

E-cigarettes : 2 millions de consommateurs

Selon l’AFNOR, il y a eu certains cas d’accidents en France, mais ces derniers n’étaient pas graves. Toutefois, la vigilance doit être de mise. Certes, la consommation de nicotine représentait un danger, mais ce danger était encore moindre que d’avoir de l’eau de javel en sa possession. En somme, la cigarette électronique n’a aucun lien avec les impacts du tabac, qui entraîne annuellement près de 73000 décès prématurés, ce qui représente beaucoup plus que dans les cas de l’eau de javel.

Par ailleurs, les producteurs de cigarettes électroniques n’ont aucun intérêt à ce que leurs produits soient sources d’empoisonnement, ayant actuellement près de 2 millions de clients. Ainsi, des systèmes de sécurité existent déjà, à travers les ormes ISO 83-17 applicables aux emballages fermables pour la protection des enfants, comme c’est le cas pour les médicaments.

300 euros par jour

Avec les e-liquides, il n’y pas de risques pour les enfants. Ceci étant, des normes devraient être mises en place rapidement. Le laboratoire national de métrologie et d’essais ou LNE étudie ce 03 avril la cigarette électronique et sa vapeur. Le coût de la participation à ce programme est de 300 euros. Il était prévu qu’un représentant de Big Tobacco soit présent, chose qui a touché les tabacologues, n’appréciant les conflits d’intérêts.  Ainsi, il semblerait que celui-ci ait finalement décidé de ne pas venir.

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