Importation de cigarettes en Europe limité à quatre cartouches

Tabac: enjeux sanitaires et fiscaux

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(Mis à jour le: 30 décembre 2018)

Les vendeurs de tabac ont soumis une hausse de prix à Bercy en janvier. Le business du tabac connaît une forte régression depuis début 2013.

Vendredi dernier, les fabricants de tabac ont proposé leurs prix revus à la hausse à Bercy, prix sensé être applicable en janvier 2014. S’il n’est pas sûr que ces prix seront approuvés, il est toutefois certain que ces derniers connaîtront une hausse. Cette hausse est due à la TVA qui est passée de 19,6 à 20%, à l’accroissement des remises aux buralistes et au changement du mode de calcul des taxes concernant le tabac.

En somme, le prix du paquet de cigarette va augmenter d’au moins 30 centimes à partir de janvier. Reste à savoir si les fabricants de tabac vont transférer entièrement cette hausse sur le prix de vente. Il est fort probable que Marlboro, leader dans le secteur, passe le prix de vente de son produit à environ 7 euros (contre 6,8% actuellement).

Bien que le prix de vente n’ait pas beaucoup augmenté ces dernières années (le prix progressant limitativement à raison de 30centimes par an), le marché du tabac régresse de plus en plus. En effet, ce secteur connaît une baisse de 10% des ventes depuis début 2013. Le prix de vente commence-t-il à dissuader les consommateurs ? Le succès de l’e-cigarette y est-il pour quelque chose ? Aucune enquête fondée n’a jusqu’à maintenant apporté les explications. Les associations contre le tabac fustigent pourtant la lenteur de la hausse annuelle des prix, ce qui n’a pourtant pas fait obstacle à la croissance du tabagisme, surtout chez les adolescents.

Ces associations revendiquent une hausse du prix plus décourageante, comme ce fut le cas en 2003-2004. En effet, à cette période, la hausse des prix avait réduit la consommation de tabac. D’après toujours ces associations, la hausse annuelle des prix devrait être d’au moins 10%.

Les effets du tabagisme coûtent 18 milliards d’euros

80% du prix du tabac sont alloués aux taxes, d’où une augmentation des recettes fiscales suite à la hausse annuelle des prix des cigarettes. L’augmentation des prix pourrait pourtant faire davantage reculer le marché, et réduire les recettes en taxes. La cigarette a toujours été une bonne source de recettes pour l’état, car augmenter les prix privilégie la santé publique tout en augmentant les recettes fiscales. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Quelle orientation l’état doit-il prendre ? Va-t-il veiller à la santé publique en continuant la hausse des taxes ? Les dépenses annuelles en assurance santé pour la prise en charge des effets du tabagisme s’élèvent à 18 milliards d’euros. L’état doit-il se soucier des conséquences des chutes des ventes sur les recettes fiscales ? Actuellement, ces recettes frôlent les 11 milliards d’euros (sans TVA).

L’e-cigarette est une problématique de plus. Si l’on n’a pas encore parlé des taxes à appliquer sur les cigarettes électroniques, cela ne saurait tarder. Le collectif des acteurs de la cigarette électronique est déjà s’est déjà activé et développe ses arguments. Interrogée hier par « Les Echos » une porte-parole a déclaré que le marché de l’e-cigarette ne pouvait pas à l’heure actuelle combler le manque à gagner de l’état en taxes sur le tabac.

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