Ne pas rechuter après le mois sans tabac

Tabagisme : comment résister après le Mois sans tabac ?

No votes yet.
Please wait...
(Last Updated On: 2 décembre 2016)

Vous avez réussi à survivre au Mois sans Tabac ? Que faire maintenant pour que ce sevrage perdure dans le temps ?

Le Mois sans Tabac

Lancé sur l’initiative de Tabac Info Services, le premier Mois sans Tabac français a duré tout le mois de novembre. Durant cette période, tous ceux qui se sont inscrits ont reçu quotidiennement des soutiens moraux pour ne pas craquer et un remboursement de leurs patchs. En tout, 179 483 personnes se sont inscrites.

Ce défi, inspiré du modèle britannique, a été mis en place pour aider les fumeurs à arrêter leur addiction. Les organisateurs ont déclaré que rester un mois sans fumer donnait cinq fois plus de chances au fumeur de réussir définitivement son sevrage.

Le problème c’est qu’en théorie, cela semble acquis, mais la réalité est toute autre. Si durant ce challenge, les fumeurs avaient toujours quelqu’un sur leur dos pour les faire tenir, le plus dur reste à venir : faire durer les résultats obtenus. Bon nombre des participants et du public reste toutefois perplexe puisque selon un sondage, le taux de rechute au bout d’un an va de 40 à 70 %.

Comment faire pour éviter la rechute ?

Il ne faut pas se fier à sa seule volonté, mais chercher de l’aide dans les substituts de sevrage tabagique tels que les substituts nicotiniques, les médicaments, la psychothérapie ou la cigarette électronique. Utilisées séparément, ces solutions ont des efficacités limitées alors que combinées, elles donnent de bons résultats. Bientôt, une nouvelle mesure pourra s’y ajouter à savoir le casque de réalité virtuelle.

La réalité virtuelle

Il s’agit d’une nouvelle technique pour traiter l’addiction à la cigarette ou à une autre forme de dépendance. Cela consiste à faire immerger l’ex-fumeur dans une réalité artificielle, mais très réaliste à l’aide d’un casque. Ce traitement se compose de plusieurs séances dont une séance par semaine. Les bases de cette thérapie consiste à :

  • apprendre à gérer ses émotions et ses pulsions grâce à différentes techniques pour vaincre son envie de fumer
  • apprendre à se relaxer
  • apprendre diverses stratégies de pensée pour corriger les fausses croyances comme le cliché du « fumer me détend »

Une fois les bases acquises, le patient sera plongé dans un environnement virtuel lancé par ordinateur. Il sera assisté, dans tous ses déplacements, par un thérapeute. Dans cet environnement, il sera exposé à la tentation puisque se retrouve dans des lieux où il avait l’habitude de fumer. Il peut s’agir d’un bar, d’un restaurant, de son jardin, de sa voiture, … Dans ce film qu’il vit en direct, il verra des personnages s’approcher de lui pour lui offrir une cigarette ou pour lui demander du feu. Grâce aux bases acquises, il devra savoir résister en répétant les différentes stratégies inculquées et en les testant.

Cette réalité virtuelle a fait ses preuves auprès de nombreux patients puisqu’en plongeant dans ces univers, ils vivent pleinement ces tentations avec toutes les émotions qui s’y réfèrent.

Selon les spécialistes de cette technique, la moitié des patients n’a pas rechuté au bout d’un an. Ces derniers font d’ailleurs des suivis réguliers après le programme terminé.

Cette technologie pourrait être, à terme, utilisée chez soi, mais on attend encore de voir s’il est plus ou moins efficace que la TCC.

Les substituts à la nicotine

La nicotine est l’agent le plus addictif du tabac. Pour résister à l’envie de fumer, il est donc conseillé d’utiliser des substituts à la nicotine. Il en existe plusieurs variantes comme les gommes, les patchs, les comprimés, les inhalateurs, les cigarettes électroniques ou encore certains médicaments que l’on ne peut acheter sans ordonnance comme le bupropion.

Un patch pour éviter de rechuter

La cigarette électronique

Même si ces dispositifs font encore état de plusieurs questions sans réponses, ils sont indéniablement efficaces pour arrêter de fumer. Certes, des études sont menées pour découvrir leurs méfaits, mais selon les professionnels, il est possible de réduire les risques en optant pour les modèles ressemblant à des stylos.

Cette fausse cigarette permet à l’ancien fumeur de retrouver les sensations et les gestuelles liées à la cigarette classique. Son utilisation maintient, certes, l’addiction à la nicotine, mais au moins, le fumeur ne sera pas exposé aux autres composants toxiques de la cigarette comme le goudron, le monoxyde de carbone et les métaux lourds.

Se « déconditionner » du tabac

Parfois, des situations ou des émotions nous relient à la cigarette. Par exemple, certaines personnes ont l’habitude de fumer lorsqu’ils boivent un verre entre amis ou lorsqu’ils sont fatigués. Pour ne pas rechuter, il faut donc que l’ex-fumeur se déconditionne de ces situations-là puisqu’il lui sera impossible de les éviter.

Pour cela, la psychothérapie est la meilleure solution. L’ex-fumeur a le choix entre diverses variantes :

  • la thérapie cognitive et comportementale ou TCC
  • la thérapie de groupe
  • la thérapie psychanalytique
  • la technique motivationnelle
  • l’hypnose
  • l’acupuncture

Dans certaines cliniques, ces thérapies sont associées à d’autres substituts de la cigarette pour bannir les réflexes ou pulsions reliées au tabac.

Un jeu vidéo

Inspiré de la réalité virtuelle, la création d’un jeu vidéo baptisé Smokitten est également un nouveau projet de sevrage tabagique. Dans ce jeu, le patient devra prendre soin d’un chaton qui a décidé d’arrêter la cigarette. L’objectif est d’éveiller les fibres qui peuvent induire un changement de comportement chez le fumeur. Il verra, au fil du jeu, que la santé du chaton s’est améliorée et que l’environnement général du jeu s’embellit après chaque journée sans fumer. Pour assister son compagnon, le joueur doit lui trouver des activités bénéfiques et encourageantes telles que le yoga, la marche à pied, la pêche, … En aidant ce chaton, il se donne lui-même les armes pour que le Mois sans tabac devienne « LES mois sans tabac ».

Smokitten a été développé par un studio situé à Villeurbanne, Dowino.

Les proches

Dans un parcours de sevrage tabagique, il ne faut jamais sous-estimer l’aide que les proches peuvent apporter. Il faut donc se confier à eux et compter sur leur soutien dans les moments les plus difficiles.